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Nés d'effondrements miniers au cours de la première moitié du XXème siècle, les marais d'Harchies, de Hensies et de Pommeroeul ont rapidement attiré l'attention des naturalistes.
Dans les années 50, les RNOB parvinrent à obtenir un bail de location site pour lui accorder un premier statut de protection. Statut bien précaire qui n'empêche pas la mise en assec du marais d'Harchies au profit de l'agriculture à la fin des années 60.
La véritable protection du site commence au début des années 70 lorsque le Ministère de l'Education Nationale rachète le marais d'Harchies et en cède la gestion à l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, qui décide d'y implanter un centre de recherches biologiques. Peu après, le Ministère des Travaux Publics lègue la gestion du Marais de Pommeroeul voisin au centre existant.
Et lorsque en 1985, les RNOB ont l'opportunité de racheter le "Marais d'Hensies", il est clair pour tous que les trois marais d'Harchies, de Hensies et de Pommeroeul ne peuvent être compris et conçus que comme une seule entité. En 1986, une convention est signée entre l'Institut et les RNOB pour une mise en commun des savoirs et des pouvoirs en vue d'une protection efficace de l'ensemble du site.
Entre-temps, l'importance biologique du site, aussi bien pour sa faune que sa flore, ne cesse de se confirmer, ce qui lui vaut de devenir "zone noyau de la Zone de Protection Spéciale de la Vallée de la Haine" et le premier (actuellement encore le seul) espace wallon reconnu "zone Ramsar".
Quelques années plus tard intervient la régionalisation, qui transfère les terrains "publics" (Harchies + Pommeroeul) du site à la Région Wallonne. Les négociations entre la Région Wallonne et les RNOB aboutissent en mai 1994 à la signature des deux documents qui régissent aujourd'hui toute action sur le site. Par le premier, le Ministre LUTGEN désigne les Marais d'HHP comme Zone Humide d'Intérêt Biologique et institue son Comité de Gestion. Le second document est la convention qui régit les pouvoirs et les obligations des deux partenaires que sont la Région Wallonne et les RNOB.
La vallée de la Haine avec son passé de bassin, le début du Hainaut Occidental on imagine mal quune zone humide dimportance mondiale se trouve là, à la frontière française.
Les marécages ne datent pas dhier. A lère secondaire, celle des iguanodons, la région était une immense zone humide.
Au 18 ème siècle, on constate que la partie basse de la vallée de la Haine était couverte de prairies humides, et même dans certains cas, marécageuses, mais il ny avait pas de plan deau.
Il a fallu attendre 1925-1930 pour que les effondrements miniers, liés à lexploitation intensive du charbon dans tout le bassin de la Haine, provoquait lapparition de cuvettes en surface. La nappe aquifère a envahi ces dépressions, parsemant la vallée détangs et de marais. Aujourdhui, seuls restent les étangs et marais de Douvrain (40ha), des Marionviles (50ha), dHautrage (80ha) et dHarchies-Hensies-Pommeroeul (550ha).
Bien que dorigine récente (environ 60 ans) et après une histoire très mouvementée, les marais dHarchies-Hensies-Pommeroeul sont dune richesse biologique exceptionnelle.
Cette richesse est liée à la grande superficie du site, à la présence de
nombreux milieux différents et donc à une grande diversité de plantes et
danimaux.

La richesse biologique.
En ce qui concerne les milieux, rappelons que les 550 hectares du site, comprennent des étangs (125ha), des marécages (95 ha), des bois (50ha), des remblais de schiste (90ha) ainsi que des prairies extensives et quelques champs cultivés (190ha).
Leau libre (les étangs) et les ceintures de végétation palustre (les marécages) constituent des milieux biologiques très importants.
On les trouve sur les trois zones de marais (Harchies-Hensies-Pommeroeul). Les étangs accueillent de nombreux oiseaux deau, surtout lors de la migration et lhivernage.
En hiver notamment, il nest pas rare de compter plusieurs milliers doiseaux posés sur les étangs. Du canard colvert au plongeon arctique en passant par le canard pilet, le canard souchet, ce sont plusieurs dizaines despèces qui hivernent sur le site.
Les formations végétales, qui bordent les étangs comprennent de grandes roselières (roseaux, massette, ) , des prairies humides, qui assurent la diversité biologique des lieux. Léquipe scientifique sest dailleurs spécialisée dans létude des roselières. Des travaux de fin détudes et une thèse de doctorat y ont été consacrés.
Les zones de remblais de schiste ne doivent pas être négligées. Plusieurs travaux scientifiques ont montré leur richesse biologique et ont permis de jeter les bases dun plan de gestion.
Les relevés botaniques, les observations ornithologiques et entomologiques confirment que les marais dHarchies-Hensies-Pommeroeul gérés par le Comité de gestion abritent une flore et une faune exceptionnelles.
Parmi les végétaux, notons la présence de deux fougères extrêmement rares
en Belgique (2 ou 3 seulement), le dryoptéris à crête et la fougère des marais ainsi
que plusieurs espèces dorchidées. Pour ce qui est de lavifaune, la
Rousserole turdoïde, le Blongios nain, le Phragmite des roseaux, le Busard des roseaux
sot encore présents à Harchies alors quils disparaissent de la plupart des autres
zones humides.
Noublions pas loiseau fétiche dHarchies : la Gorgebleue.
Cet oiseau peu abondant en Wallonie est surtout concentré dans la vallée de la Haine et
certaines plaines de lEscaut.
Après un scandaleux assèchement qui a entraîné la destruction stupide des milieux biologiques, le site a été acheté au début des années 70 par lEtat belge à linitiative dAbel Dubois, alors Ministre de lEducation nationale. Le site a été confié à lInstitut Royal des Sciences naturelles de Belgique en 1973. Ce nest quen 1978 que le processus de création dun Centre de recherches a débuté. Progressivement, un puis deux scientifiques, renforcés ensuite par une équipe technique ont pris en charge le site. Cest à ce moment que la restauration du bâtiment, situé au 10, rue du Préau à Harchies, a commencé.
Ces travaux ont duré trois ans, le Centre de Recherches biologiques dHarchies est né. Toujours attaché administrativement à lI.R.S.N.B., le Centre était chargé dune triple mission : la recherche scientifique, la gestion du site, lorganisation dactivités pédagogiques. Depuis plusieurs années, le Centre organise entre 100 et 150 visites guidées par an.
Il nest pas toujours facile de maintenir le bon équilibre entre laccès aux visiteurs, la recherche scientifique et le nécessaire respect de la tranquillité du site. Il nest pas aisé de faire comprendre à un public enthousiaste que le site est fragile, quil comprend des espèces menacées et quun " envahissement " des marais dHarchies risque de le faire disparaître à moyen terme.
Le Centre a bien lintention de faire un effort particulier pour jouer un rôle de toute première importance dans lentité de Bernissart, notamment dans le contexte du parc naturel.
Depuis le 1er juillet 1996, le Musée dHistoire naturelle de Mons et les marais dHarchies ont été officiellement transférés à la Région wallonne.
Léquipe comprend 15 personnes dont 10 sont basées dans les locaux de la rue du Préau, y compris la direction et le secrétariat de la section qui na pas déménagé à Namur.
En effet des travaux daménagement du site et la réalisation de nouvelles expositions permettront daccueillir un public plus nombreux. Rappelons dès à présent que plus de 150 visites guidées sont organisées chaque année, ainsi quune Journée Portes Ouvertes (en 1996, plus de 600 visiteurs).
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